Le calcul des frais kilométriques consiste à évaluer, avec un barème fiscal ou avec vos dépenses réelles, ce que l’usage professionnel d’un véhicule vous a réellement coûté. Ce qui entre dans le barème semble simple au premier regard, mais la confusion revient vite entre ce qu’il couvre déjà et ce qu’on peut encore ajouter en plus. Et c’est là que le calcul des frais kilométriques devient sensible au moment de la déclaration. Reste à savoir quelles dépenses sont incluses, lesquelles restent déductibles à part, et dans quels cas le barème s’applique vraiment.
Les points à retenir :
- Le barème kilométrique couvre forfaitairement la dépréciation du véhicule, les réparations, l’entretien, les pneumatiques, le carburant et l’assurance, ainsi que l’achat des casques et protections pour les deux-roues.
- Les frais de péage, de stationnement et les intérêts d’emprunt en cas d’achat à crédit ne sont pas compris dans le barème et peuvent être ajoutés en plus, avec justificatifs.
- Le montant dépend du véhicule utilisé, de sa puissance fiscale ou de sa catégorie, de la distance professionnelle parcourue dans l’année et d’une majoration de 20 % pour un véhicule 100 % électrique.
- Pour les trajets domicile-travail, l’administration ne retient en principe qu’un seul aller-retour par jour et limite la distance à 40 km par trajet, sauf justification particulière.
- Le barème n’est pas obligatoire : vous pouvez choisir les frais réels, mais hors péages, garage, parking et intérêts d’emprunt, la déduction reste plafonnée au montant admis par le barème pour une distance identique.
Qu’est-ce qui est compris dans le barème kilométrique ?
Le barème fiscal n’est pas un simple prix du carburant au kilomètre. Il est censé absorber l’essentiel du coût d’usage du véhicule quand vous l’utilisez pour votre activité professionnelle ou pour vos trajets domicile-travail déclarés en frais réels.
Il inclut six postes précis : la dépréciation du véhicule, les frais de réparations et d’entretien, les dépenses de pneumatiques, la consommation de carburant, les primes d’assurance et, pour les deux-roues, l’achat des casques et protections. Du coup, si vous appliquez ce barème, vous ne pouvez pas remettre ces mêmes charges une deuxième fois dans vos frais. C’est l’erreur la plus courante.
Quels frais restent déductibles en plus ?
Certains coûts restent en dehors du forfait. C’est utile, parce que ce sont souvent des dépenses bien réelles et parfois lourdes sur une année de travail.
Trois catégories ressortent clairement : les frais de péage, les frais de stationnement ou de parking, et les intérêts annuels d’un crédit contracté pour acheter le véhicule. Ces montants peuvent s’ajouter au calcul obtenu avec le barème, à condition de pouvoir les justifier. Sans ticket, sans facture ou sans tableau d’amortissement du prêt, la déduction devient fragile en cas de contrôle.
Quel barème appliquer selon le véhicule ?
Le bon barème dépend d’abord du type de véhicule. En 2026, il existe six barèmes distincts : trois pour les véhicules 100 % électriques et trois pour les autres motorisations, c’est-à-dire thermiques, hybrides et à hydrogène.
La séparation se fait ensuite par famille de véhicule : automobiles, motocyclettes de plus de 50 cm3 et cyclomoteurs ou deux-roues de 50 cm3 ou moins. Pour une voiture, la puissance administrative inscrite sur la carte grise décide de la ligne à utiliser. Pour une moto, on raisonne aussi par puissance administrative. Pour un cyclomoteur, le tableau est unique.
| Véhicule | Condition | Barème 2026 |
|---|---|---|
| Voiture 3 CV et moins | Jusqu’à 5 000 km | d × 0,529 |
| Voiture 3 CV et moins | De 5 001 à 20 000 km | (d × 0,316) + 1 065 |
| Voiture 3 CV et moins | Au-delà de 20 000 km | d × 0,370 |
| Voiture 5 CV | Jusqu’à 5 000 km | d × 0,636 |
| Voiture 5 CV | De 5 001 à 20 000 km | (d × 0,357) + 1 395 |
| Voiture 5 CV | Au-delà de 20 000 km | d × 0,427 |
| Moto 1 ou 2 CV | Jusqu’à 3 000 km | d × 0,395 |
| Moto 1 ou 2 CV | De 3 001 à 6 000 km | (d × 0,099) + 891 |
| Moto 1 ou 2 CV | Au-delà de 6 000 km | d × 0,248 |
| Cyclomoteur | Jusqu’à 3 000 km | d × 0,315 |
| Cyclomoteur | De 3 001 à 6 000 km | (d × 0,079) + 711 |
| Cyclomoteur | Au-delà de 6 000 km | d × 0,198 |
Comment calculer les frais kilométriques selon le barème fiscal ?
Le calcul part toujours de la distance professionnelle annuelle. Ensuite, on applique la formule correspondant à la bonne tranche de kilomètres et à la bonne puissance fiscale. Pas besoin d’additionner poste par poste. Le barème s’en charge déjà.
Exemple simple : pour une voiture de 5 CV ayant parcouru 4 000 km à titre professionnel en 2025, le montant retenu dans la déclaration 2026 est de 2 544 €, soit 4 000 × 0,636. Autre cas parlant : pour 10 000 km avec une voiture de 5 CV, on bascule dans la tranche intermédiaire. Le calcul devient 10 000 × 0,357 + 1 395, soit 4 965 €.
Avec une voiture 100 % électrique, on ne change pas de formule de départ. On applique une majoration de 20 % au résultat obtenu avec le barème de la catégorie correspondante. Si l’on reprend les 4 965 € de l’exemple précédent, le montant passe à 5 958 € après majoration.
Le trajet domicile-travail n’est pas illimité
Le point à surveiller n’est pas le barème lui-même, mais le nombre de kilomètres que vous avez le droit de retenir. Pour le trajet entre le domicile et le lieu de travail, l’administration admet l’intégralité de la distance si vous habitez à 40 km ou moins de votre lieu de travail, soit 80 km aller-retour.
Au-delà, le calcul est en principe plafonné à 40 km par trajet. Vous pouvez retenir plus, mais seulement si l’éloignement est justifié par des circonstances particulières liées à l’emploi ou à la situation familiale et sociale. Il faut alors joindre une note explicative à la déclaration. Et sauf contrainte particulière, un seul aller-retour par jour est admis. Là encore, beaucoup de redressements viennent d’un kilométrage surévalué, pas du barème lui-même.
Barème ou dépenses réelles, que choisir
Le barème n’est pas obligatoire. Vous pouvez déduire vos dépenses réelles si vous avez conservé toutes les preuves et si ce mode de calcul vous avantage davantage que la déduction forfaitaire de 10 % appliquée automatiquement sur les salaires.
Mais il faut voir la limite. En frais réels, la dépréciation, l’entretien, le carburant, les réparations, l’assurance et les dépenses liées à l’usage du véhicule ne peuvent pas dépasser le montant admis par le barème kilométrique, à distance identique, pour le véhicule de puissance maximale retenue par ce barème. En pratique, sortir du barème n’ouvre pas un chèque en blanc. Les seuls frais réellement hors plafond sont les péages, les frais de garage ou de parking, et les intérêts d’emprunt liés à l’achat à crédit.
Ces informations restent générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé. Si l’enjeu fiscal est important, si vous hésitez entre frais réels et déduction de 10 %, ou si votre situation mélange déplacements professionnels, véhicule financé à crédit et longues distances, mieux vaut faire valider le calcul par un expert-comptable ou un conseiller fiscal.
Le véhicule doit-il vous appartenir
Pour une voiture, le barème peut être utilisé si vous êtes propriétaire ou copropriétaire du véhicule, ou si votre conjoint ou un membre du foyer fiscal en est personnellement propriétaire. Ce point compte beaucoup pour les couples qui n’ont qu’un seul véhicule mais l’utilisent pour plusieurs besoins.
Si le véhicule est prêté gratuitement, vous devez être capable de prouver que vous supportez effectivement la part des frais correspondant à l’usage professionnel. Si le véhicule est loué, le loyer est déjà couvert par le barème et ne peut pas être déduit en plus. Même logique pour un leasing ou une location classique : on ne cumule pas le forfait et le loyer.
Questions fréquentes
Quel tableau pour calculer les frais kilométriques ?
Le tableau à utiliser dépend du type de véhicule et de la distance annuelle. Pour une voiture, il faut choisir la ligne correspondant à la puissance fiscale, puis la tranche de kilomètres : jusqu’à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, ou au-delà de 20 000 km. Pour une moto et un cyclomoteur, les seuils sont de 3 000 km et 6 000 km.
Quel barème appliquer pour le remboursement des frais kilométriques ?
Pour une déclaration en frais réels, on applique le barème fiscal publié pour l’année de déclaration concernée. En 2026, les barèmes publiés pour la déclaration des revenus 2025 ne sont pas revalorisés par rapport à 2025. Si le véhicule est 100 % électrique, le résultat obtenu est majoré de 20 %.
Peut-on déduire l’essence en plus du barème kilométrique ?
Non, car la consommation de carburant est déjà intégrée dans le forfait. Ajouter l’essence une seconde fois reviendrait à compter deux fois la même dépense. Si vous choisissez les dépenses réelles, vous pouvez alors retenir vos frais de carburant, mais dans le cadre de ce mode de calcul.
Faut-il garder les justificatifs si on applique le barème ?
Oui. Vous n’avez pas à joindre les pièces à la déclaration, mais vous devez les conserver pendant au moins trois ans. Il faut pouvoir justifier la réalité des trajets, le nombre de kilomètres, l’usage professionnel du véhicule et les frais ajoutés en supplément, comme les péages ou le parking.
Les indemnités kilométriques couvrent-elles le parking
Non. Les frais de stationnement ne sont pas compris dans le barème et peuvent être ajoutés en plus. Encore faut-il conserver les tickets ou factures, car ce sont précisément ces dépenses annexes qui sont souvent demandées en cas de contrôle.
Peut-on compter deux allers-retours par jour ?
Pas en principe. L’administration n’admet qu’un seul aller-retour quotidien entre le domicile et le travail. Un second trajet peut être retenu si vous avez des contraintes particulières, par exemple un problème de santé, la présence d’une personne au domicile qui exige votre retour, ou des horaires atypiques.
Le simulateur des impôts sert-il seulement aux salariés
Non. Le dispositif concerne les salariés, mais aussi les entrepreneurs individuels imposés à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices non commerciaux quand ils utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles. Le simulateur permet surtout de vérifier si l’option frais réels dépasse ou non la déduction forfaitaire de 10 %.
Sources
Sources consultées le 5 octobre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.impots.gouv.fr/simulateur-frais-reels-v2
- www.impots.gouv.fr/particulier/frais-de-transport?l=en
- www.urssaf.fr/accueil/employeur/beneficier-exonerations/frais-professionnels.html