Quand le versement change, que le salaire bouge ou qu’une pension s’ajoute, le montant de l’AAH : sur quelle base la CAF le calcule devient une vraie question de budget. Et c’est là que la confusion commence, parce que la base n’est pas la même selon qu’il s’agit d’une première demande, d’une activité en cours ou d’un travail en ESAT. Voici ce qui compte vraiment pour comprendre le calcul, éviter les mauvaises déclarations et savoir d’où vient le chiffre affiché par la caisse d’allocations familiales.
Les points à retenir :
- Le montant maximal de l’AAH est de 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026, mais la Caf ne verse ce maximum que si les ressources retenues restent sous les plafonds ou si l’allocataire est dans une période de maintien à taux plein.
- Pour une demande d’AAH en 2026 sans revenu d’activité, la base utilisée est le revenu net catégoriel figurant sur l’avis d’imposition 2024.
- Depuis le 1er octobre 2023, la règle de base est la déconjugalisation : la Caf calcule l’AAH à partir des ressources personnelles de l’allocataire, avec conservation automatique de l’ancien calcul seulement s’il reste plus favorable.
- En cas de travail en ESAT, la base de calcul change au 1er octobre 2026 : les revenus doivent être déclarés tous les 3 mois à la Caf, en net imposable, pour calculer l’AAH des trois mois suivants.
- Le piège classique est de déclarer le net à payer ou le net social : pour l’AAH en ESAT, c’est bien le montant net imposable du bulletin de paie qu’il faut reporter.
Quelle base la Caf retient pour calculer l’AAH ?
La caisse d’allocations familiales ne part pas d’un simple salaire mensuel. Elle retient une base différente selon la situation de la personne au moment où elle instruit le droit ou met à jour le dossier.
Pour une demande d’AAH en 2026, sans activité professionnelle qui entraîne une gestion trimestrielle, la base indiquée par Service-Public est le revenu net catégoriel de l’avis d’imposition 2024. C’est ce chiffre fiscal qui sert de point de départ. La logique est simple : la Caf regarde d’abord les ressources retenues au sens fiscal, puis elle vérifie si elles restent sous les plafonds applicables.
Ce point est central, parce qu’il évite une erreur fréquente. Beaucoup pensent que la Caf prend le salaire du mois en cours ou le revenu bancaire réellement reçu. Ce n’est pas la règle générale. En dehors des situations de déclaration d’activité, la base est annuelle et fiscale.
Le montant versé dépend ensuite de ces ressources. Si elles sont très faibles ou nulles, l’allocataire peut percevoir le montant maximal, fixé à 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026. S’il existe une pension ou une rente, l’AAH vient en différence jusqu’à ce plafond.
Les plafonds de ressources en 2026
La base retenue ne suffit pas. Il faut aussi savoir à quelle limite elle est comparée. En 2026, les plafonds annuels à ne pas dépasser, en calcul déconjugalisé, sont de 12 499,08 € pour une personne seule et de 18 748,62 € avec un enfant à charge. Avec deux enfants, on monte à 24 998,16 €.
Le barème progresse par ajout de 6 249,54 € par enfant à charge. C’est ce qui explique qu’un même revenu puisse ouvrir droit à l’allocation pour un dossier avec enfants, mais pas pour une personne seule.
| Situation | Base ou plafond retenu | Valeur 2026 |
|---|---|---|
| Montant maximal mensuel | AAH à taux plein | 1 041,59 € |
| Personne seule | Plafond annuel de ressources | 12 499,08 € |
| 1 enfant à charge | Plafond annuel de ressources | 18 748,62 € |
| 2 enfants à charge | Plafond annuel de ressources | 24 998,16 € |
| Majoration par enfant | Ajout au plafond de base | 6 249,54 € |
Pour rester cohérent avec le fonctionnement réel de la Caf, il faut distinguer deux temps : la base de ressources retenue d’un côté, puis la comparaison avec le plafond de l’autre. C’est ce croisement qui produit le montant final.
Ces informations sont générales. Pour une décision importante sur un budget de foyer, un maintien de droits ou un cumul avec d’autres prestations, mieux vaut valider le dossier avec la Caf, la MSA ou un professionnel de l’accompagnement social.
La déconjugalisation a changé le calcul
Depuis le 1er octobre 2023, le calcul repose en principe sur les seules ressources personnelles de l’allocataire. Les revenus du conjoint, du concubin ou du partenaire de Pacs ne sont plus intégrés dans la règle de base. C’est ce qu’on appelle la déconjugalisation.
Concrètement, cela a changé la lecture du dossier pour beaucoup de couples. Avant, la vie de couple pouvait faire perdre ou réduire l’allocation plus vite. Désormais, la Caf regarde d’abord les ressources personnelles. Service-Public précise toutefois qu’un ancien calcul conjugalisé peut être conservé s’il est plus avantageux pour la personne déjà bénéficiaire. Et ce basculement favorable se fait automatiquement.
Pour un allocataire déjà en couple, il existe donc deux cadres possibles. Le calcul standard reste la déconjugalisation. Mais la Caf garde l’ancien mode si lui seul protège mieux le droit. Il ne faut pas déposer une nouvelle demande pour cela.
Les plafonds du régime conservé en couple sont plus élevés. Pour un couple sans enfant déjà bénéficiaire sous ancien mode, le plafond annuel annoncé est de 22 623 €. Avec un enfant, il passe à 28 873 €.
Que se passe-t-il quand on travaille ?
Dès qu’il y a une activité professionnelle, le calcul n’est plus lu de la même façon. Service-Public indique clairement que le montant peut évoluer en fonction de l’activité, avec des règles différentes selon que la personne travaille en milieu ordinaire ou en ESAT.
C’est la bonne manière de penser le sujet. Il n’existe pas une base unique valable pour tous les cas. Il existe une base adaptée à la situation de revenus au moment où la Caf recalcule le droit.
Pour quelqu’un qui travaille en milieu ordinaire, la logique devient une logique de revenus d’activité déclarés. Pour quelqu’un qui perçoit une pension d’invalidité ou une rente, l’AAH peut devenir un complément différentiel. Et en cas d’hospitalisation, d’hébergement ou d’incarcération prolongée, le montant peut être réduit à 30 %, soit 312 € par mois.
Le bon réflexe est donc de relier le calcul à la nature du revenu. Un avis d’imposition, un bulletin de paie, une pension ou une rémunération d’ESAT ne sont pas traités comme un bloc uniforme.
En ESAT, la base change au 1er octobre 2026
C’est le changement concret de cette fin d’année 2026. À partir du 1er octobre 2026, les travailleurs en ESAT bénéficiaires de l’AAH doivent déclarer leurs revenus tous les trois mois à la Caf. Avant, dans la plupart des cas, les revenus étaient récupérés annuellement auprès de la DGFIP, sans démarche annuelle à faire.
Désormais, la déclaration trimestrielle sert à calculer l’AAH pour les trois mois suivants. Ce n’est pas un détail administratif. Cela veut dire que la base utilisée devient plus récente et plus proche de la situation réelle.
La Caf précise aussi que le basculement se fait progressivement entre octobre et décembre 2026 selon les dossiers. Un courrier ou un e-mail indique le mois de départ de la première déclaration. C’est important, parce qu’il ne faut pas déclarer au hasard ni prendre l’initiative sur un mauvais trimestre.
Autre point pratique : la déclaration peut se faire sur caf.fr, via l’application Caf, Mon Compte, et dans certains cas sur formulaire papier. Pour beaucoup de dossiers, la version en ligne sera la plus simple, mais la règle de fond ne change pas : la Caf calcule sur les revenus des trois mois précédents.
Quel montant faut-il déclarer à la Caf ?
En ESAT, la réponse est nette. Il faut déclarer le net imposable indiqué sur le bulletin de paie. Pas le net à payer. Pas le montant net social non plus.
Cette distinction évite une bonne partie des erreurs. La prime d’activité utilise le net social dans sa déclaration préremplie. L’AAH, elle, demande un autre chiffre. Mélanger les deux conduit à un calcul faux, puis à une régularisation, parfois pénible à comprendre plusieurs mois plus tard.
La Caf demande aussi de déclarer les autres revenus perçus sur la période de trois mois : indemnités de Sécurité sociale, pensions alimentaires, pension d’invalidité si elle existe, et autres revenus encaissés. Là encore, l’idée n’est pas de transmettre ce qui tombe sur le compte bancaire au centime près, mais de renseigner les catégories demandées dans la bonne case.
Exemple simple : si la première déclaration s’ouvre en octobre 2026, il faut déclarer les revenus de juillet, août et septembre 2026. Si elle s’ouvre en novembre, ce seront août, septembre et octobre 2026. Le mois affiché dans l’espace personnel commande le trimestre à reporter.
Pourquoi deux personnes touchent des montants différents ?
Deux allocataires avec le même handicap peuvent toucher des montants très différents, parce que la Caf ne paie pas un forfait identique à tout le monde. Elle part d’un montant maximal, puis elle l’ajuste selon les ressources retenues, la présence d’une pension, le nombre d’enfants à charge et, dans certains cas, le mode de calcul conservé pour les personnes en couple.
Ajoutez à cela la situation professionnelle. Une personne sans activité peut être évaluée sur son revenu net catégoriel de l’avis d’imposition. Une autre, en ESAT à partir du 1er octobre 2026, passe sur une logique trimestrielle. Le résultat affiché n’a donc rien d’étonnant s’il diffère.
Il faut aussi intégrer les cas de réduction à 30 % pendant certaines situations longues, comme l’hospitalisation ou l’incarcération. Le montant alors versé est de 312 € par mois. À la fin de la situation, le retour au montant maximal redevient possible si les autres conditions restent remplies.
Le vrai sujet n’est donc pas seulement « combien touche-t-on ? », mais « sur quelle base la Caf a-t-elle recalculé ce mois-ci ? ». C’est cette question qui permet de vérifier rapidement si le paiement reçu est logique.
Questions fréquentes
La Caf prend-elle le salaire net à payer pour calculer l’AAH
Non, pour l’AAH en ESAT, la Caf demande le montant net imposable figurant sur le bulletin de paie. Elle précise de ne pas déclarer le net à payer ni le montant net social. C’est l’une des confusions les plus courantes.
Le montant maximal de l’AAH est-il le même pour tous ?
Le plafond mensuel est le même, soit 1 041,59 € depuis le 1er avril 2026. En revanche, tout le monde ne touche pas ce maximum, parce que le versement dépend des ressources retenues, et parfois d’une pension ou d’une rente qui vient en déduction.
La Caf tient-elle encore compte des revenus du conjoint
En principe non, puisque la déconjugalisation s’applique depuis le 1er octobre 2023. Les ressources personnelles sont prises en compte. Mais pour certains bénéficiaires déjà en couple, l’ancien calcul peut être conservé automatiquement s’il reste plus avantageux.
En ESAT, faut-il faire la même déclaration pour l’AAH et la prime d’activité ?
Non. La Caf demande deux déclarations distinctes quand les deux droits existent. Pour l’AAH, la déclaration n’est pas préremplie et repose sur le net imposable ; pour la prime d’activité, la déclaration est préremplie et utilise le net social.
À partir de quand la déclaration trimestrielle s’applique en ESAT
Le nouveau système démarre à partir du 1er octobre 2026. Mais le lancement est progressif selon les dossiers, entre octobre et décembre 2026. La Caf envoie un courrier ou un e-mail pour indiquer le mois exact de première déclaration.
Que se passe-t-il si on touche une pension d’invalidité en plus ?
L’AAH peut devenir une allocation différentielle. Le principe est simple : la Caf compare le montant de la pension ou de la rente au montant maximal de 1 041,59 € et verse la différence si les conditions restent réunies.
Quelle base est retenue pour une demande d’AAH en 2026 sans activité ?
La base indiquée est le revenu net catégoriel figurant sur l’avis d’imposition 2024. C’est ce chiffre fiscal qui sert à apprécier la condition de ressources, avant comparaison avec le plafond applicable à la situation familiale.
Sources
Sources consultées le 4 octobre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- Allocation aux adultes handicapés (AAH) | Service Public, www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F12242
- www.caf.fr/allocataires/actualites/actualites-nationales/aah-et-esat-une-nouvelle-facon-de-declarer-vos-revenus
- www.caf.fr/allocataires/caf-de-la-charente-maritime/actualites-departementales/aah-et-travail-en-esat-ce-qui-change-partir-du-1er-octobre-2026